Friday, December 21, 2018

Voyager, c’est rencontrer




Dans notre culture sociale moderne, voyage rime avec vacances ou évasion. Thibaut Muster préfère faire rimer voyage avec découverte. Ce n’est pas tant le besoin de s’évader de son quotidien qui importe, c’est de s’évader de sa zone de confort, de tout ce qu’on connaît et croit savoir. Pour contempler l’étendue de ce que l’on ne sait pas encore et de ce qui existe ailleurs, chez l’autre.

Voyager c’est à la fois sortir de soi et laisser entrer les personnes que l’on découvre, que l’on rencontre, pour qu’elles nous éduquent et nous ouvrent à de nouvelles façons de voir le monde. Il est très difficile de s’enrichir profondément lorsqu’on reste dans son milieu quotidien et familier. La véritable maturité s’acquiert dans les voyages, c’est sans doute pour cela qu’on dit qu’ils forment la jeunesse.

Difficile en 2018, bientôt 2019, d’imaginer qu’il reste dans le monde des choses et des cultures à découvrir, tant nous avons l’illusion d’avoir accès à tout avec le Web et la télévision, ou la littérature. Mais profiter de l’expérience des autres ce n’est pas la même chose que partir soi-même à la rencontre des H’Mongs au Vietnam, des Aborigènes d’Australie ou des Massaïs au Kenya !

Le tourisme a perverti le voyage

D’ailleurs sans aller jusqu’à ce choc culturel extrême, parfois l’inconnu est plus proche de nous. Aller prendre le thé chez un voisin de culture très différente de la nôtre c’est déjà voyager. Du moment qu’on est assez ouvert pour essayer de voir le monde avec ses yeux. Parfois c’est même beaucoup plus vrai et authentique comme expérience que de s’embarquer dans un safari exotique avec un guide touristique pour rendre visite à un village de gens déguisés pour l’occasion ! Car malheureusement l’industrie du tourisme a également parfois perverti la nature même du voyage.

Le voyage rime encore avec l’échange : tu me parles de toi, je te parle de moi. Un donné pour un rendu. La curiosité est protéiforme, parfois hésitante et timide. Parfois on n’ose pas poser les questions qu’on a en tête, de peur de s’immiscer, surtout dans notre culture occidentale pour laquelle la sphère privée est tellement importante. Mais qui n’aime pas parler de soi ? Qui n’aime pas enseigner aux autres ? Lorsque vous voyagez, parlez aux gens de votre pays et de votre culture, ils sont aussi curieux à votre égard que vous au leur.

Pour emprunter une très belle citation à l’écrivain et poète Paulo Coehlo : « Notre vie est un voyage. Le paysage change, les gens changent, mais le train continue. La vie c’est le train, ce n’est pas la gare. »


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